Kwanlin Dun et Ta’an Kwach’an

Les Kwanlin Dun et Ta’an Kwach’an vivent dans la région de Whitehorse depuis des générations et des générations. On a trouvé des outils en pierre qui témoignent du fait que leurs ancêtres fréquentaient déjà l’endroit à l’époque qui a suivi la dernière période glaciaire pour y chasser le caribou et le bison, et y pratiquer la pêche au saumon.  Les vestiges des camps de pêche, points d’observation, pistes utilisées pour la chasse, lieux d’inhumation et lieux de rassemblement aménagés sur les rives du fleuve sont autant de signes de cette présence millénaire.

La Première nation des Kwanlin Dun compte plus d’un millier de membres, de descendance tutchone du Nord, tutchone du Sud, tagish et divers autres groupes autochtones du Yukon. Elle est la plus importante des Premières nations du Yukon par sa taille. En tutchone du Sud, Kwanlin Dun veut dire « les gens des rapides ».

Quant aux Ta'an Kwach'an, leur territoire ancestral se concentrait surtout autour du lac Laberge, du cours inférieur de la rivière Takhini et du lac Fox, mais ils fréquentaient aussi le secteur autour et au nord de Whitehorse jusqu’à Hootalinqua. Les membres du Conseil des Ta’an Kwach’an sont d’ascendance tutchone du Sud et tagish. En tutchone du Sud, le nom de la Première nation veut dire « le peuple de la tête du lac ».

En 1956, l’administration fédérale, pour se simplifier la vie, avait amalgamé les deux Premières nations de Whitehorse pour former la bande indienne des Kwanlin Dün. Ce n’est qu’en 1998 que les deux Premières nations ont obtenu le statut de Premières nations distinctes.

Le chef ta’an Jim Boss a été le premier dirigeant autochtone à demander au gouvernement du Canada de protéger les terres de son peuple menacées d’invasion par les nouveaux arrivants montés au Nord durant la ruée vers l’or. En 1902, il retint les services d’un avocat de Whitehorse pour présenter une requête au gouvernement visant le versement d’une indemnité aux Autochtones en dédommagement des sévices subis par suite de l’afflux de tant d’étrangers. En réponse à sa demande, le gouvernement constitua une des premières réserves indiennes sur le site de l’ancien village autochtone au lac Laberge.