Histoire et culture

Histoire et culture
Vestige d’une époque révolue près de Fort Selkirk

Les premiers habitants

Les premiers habitants du Yukon, dont la présence remonte à plus de 20 000 ans, fréquentaient un secteur non loin du lieu où se trouve aujourd’hui la collectivité d’Old Crow. On croit qu’ils étaient venus d’Asie par un pont continental, un périple qui avait dû mettre à rude épreuve le courage et l’endurance même des plus coriaces.

Ils étaient venus en quête de nourriture. Au Yukon, ils ont trouvé des mammouths, des bisons et des caribous dont ils ont pu tirer le nécessaire pour survivre et s’adapter aux conditions climatiques extrêmes qui sévissaient. Avec le temps, les ancêtres des Premières nations du Yukon se sont établis dans des peuplements plus permanents, dont certains existent toujours et comptent parmi les collectivités du territoire.

La culture des Premières nations du Yukon s’est développée pendant des milliers d’années et a produit la richesse de dialectes, d’expressions artistiques et artisanales, de cuisine et de pratiques qu’on peut encore apprécier aujourd’hui.

Les nouveaux venus

Ce n’est que vers les années 1700 qu’ont eu lieu les premiers contacts entre les Autochtones du Yukon et les personnes originaires d’autres régions du monde, en l’occurrence des explorateurs venus de Russie en quête de fourrures et d’autres richesses naturelles. Les explorateurs européens se sont multipliés, dont Alexander Mackenzie et sir John Franklin, et dans leur sillon sont venus les commerçants de fourrures.

Les débuts de l’économie moderne

Les Autochtones troquaient des fourrures contre du tabac, des fusils et d’autres marchandises, et ces échanges économiques ont peu à peu commencé à prendre une place plus importante dans leur mode de vie traditionnel de style semi-nomade. Au milieu des années 1800, la Compagnie de la Baie d’Hudson a établi des postes de traite à divers endroits au Yukon, une présence que les premiers habitants ne voyaient pas toujours d’un bon œil.

L’empreinte spirituelle

Les explorateurs européens ont introduit de nouvelles pratiques spirituelles dans la région, notamment le christianisme. Des missionnaires se sont établis dans plusieurs collectivités, entre autres à Fort Yukon, à la maison Rampart et à Fort MacPherson.

Une fable des temps modernes : la ruée vers l’or du Klondike

En 1896, trois prospecteurs - George Carmack, Skookum Jim et Dawson Charlie - ont découvert un riche filon d’or au ruisseau Bonanza, au Yukon. Cette découverte a déclenché une véritable ruée vers l’or : des milliers d’aspirants prospecteurs sont montés au nord et ont envahi les champs aurifères autour de Dawson, laquelle, au tournant du siècle, s’enorgueillissait d’être devenue l’agglomération la plus importante à l’ouest de Winnipeg. C’est à cette époque, soit en 1898, que le Yukon a obtenu son statut de territoire.

Durant les sept ans à peine qu’a duré la ruée vers l’or, on a extrait des rivières du Yukon l’équivalent de plus de 95 millions de dollars en or. Bien que les gisements ont été pratiquement épuisés, on trouve encore assez d’or pour permettre à un petit nombre de Yukonnais de vivre de l’extraction d’or placérien.

La route de l’Alaska facilite l’accès au territoire

La plupart des prospecteurs en route vers les champs aurifères du Klondike avaient dû gravir la piste-Chilkoot, un parcours ardu, transportant sur leur dos une tonne de marchandises. Suivant la construction de la route de l’Alaska, en 1942, il est devenu beaucoup plus aisé de circuler au Yukon par les voies terrestres.

Destinée à l’origine à l’acheminement de matériel militaire, la route fut construite par l’armée américaine qui y affecta plus de 30 000 soldats; elle couvre aujourd’hui une distance de 2 230 km entre Dawson Creek, en Colombie-Britannique, et Fairbanks, en Alaska.

La construction de la route de l’Alaska a pour toujours altéré le visage culturel, économique et politique du Yukon. Les Premières nations ont délaissé les peuplements établis en bordure des cours d’eau pour s’installer le long de la route; le transport ferroviaire et maritime a disparu, remplacé par le transport routier; et Whitehorse, petit à petit, a gagné en importance pour finalement, en 1953, supplanter Dawson comme capitale territoriale.

Le Yukon aujourd’hui

Le Yukon actuel offre toutes les commodités de la vie moderne sans avoir sacrifié sa beauté naturelle. Les tambours des Premières nations font encore vibrer le cœur du Yukon moderne et les moments épiques de la ruée vers l’or du Klondike sont profondément ancrés dans son âme. Les visiteurs ont de tout temps été bienvenus au Yukon et cela n’a pas changé.